Une anche passe : Entre tarentelle et sardane : revue de presse

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PASTEL / 1e trimestre 1994

Fermez les yeux. Ecoutez. Savourez. Laissez-vous entraîner dans une rêverie délicieuse qui vous amènera de Milan à Barcelone en passant par la Provence et les Cévennes.

Une compilation de musiques traditionnelles? Vous n'y pensez-pas! Les musiciens de Une Anche Passe proposent une musique toute différente, une musique bien à eux, fortement inspirée de musique traditionnelle (saluons ici les performances hautboïstiques de Laurent Audemard et Alain Charrié -hautbois du Languedoc-, de Stefano Valla -piffero italien- et de Eric Montsant -gralla catalane-), mais dans laquelle se lisent leurs influences musicales et leurs parcours individuels. Nous sommes ici à la croisée de plusieurs expressions bien que, paradoxalement, cet enregistrement soit d'une homogénéité musicale extraordinaire. Il y a , en effet, dans ce disque une sincérité évidente, qui est celle du jeu et de la maîtrise instrumentale, du respect des différences, de l'équilibre des rôles, de la prise en compte de la diversité musicale actuelle mais également d'un enracinement méridional, voire méditerranéen. De ce point de vue aussi, le disque est une totale réussite: il se situe aux antipodes de ce "métissage"stérile et ridicule auquel se sentent tenus tous les groupes qui veulent accéder à une catégorie de médias.

En seize morceaux, présentés ici dans une suite quasi ininterrompue, la "bande à Audemard" vous amène en Italie, avec des airs traditionnels, une composition de Ricardo Tesi et deux magnifiques compositions d'Oswald Andrea qui ne sont pas sans évoquer la fascinante et monstrueuse parade fellinienne, puis vous fait voyager à travers le Languedoc et la Provence avec l'Air du guet et la Marche de la Saint-Blaise, pour vous déposer en Catalogne avec la Santa Espina. Mais entre-temps, il vous est donné d'écouter de superbes compositions de Audemard, de Brigitte Mouchel et même de Michel Portal. Le tout joué avec une légèreté, une maîtrise confondantes, une chaleur et une précision difficilement imaginables avec de tels instruments. Avec quel brio ces musiciens exécutent des passages difficiles flanqués d'harmonies hardies !

Non, assurément, Une Anche Passe n'a rien à envier aux meilleures coblas catalanes. Et, outre la qualité technique, quelle imagination, quelle recherche, quelle exigence, quelle intelligence! Je vous assure qu'on éprouve la plus grande difficulté à s'extraire de cette torpeur extatique qui s'empare de vous à l'écoute de cet enregistrement. Suivez mon conseil : précipitez-vous chez votre disquaire. Et dépêchez-vous : vous verrez que vous avez déjà trop attendu ! Quant à moi j'en redemande. Je vais me laisser entraîner à nouveau dans ce singulier voyage. Fermez les yeux. Ecoutez. Savourez.

Luc-Charles Dominique

DIAPASON / Mai 1996

Diapason d'or
Une Anche Passe : Entre tarentelle et sardane

... Reste donc le hautbois, court, strident, conique, qui rassemble " de tarentelle en sardane" les langues si proches que sont Catalan, Occitan et parlers du nord de l'Italie, en un dialogue des anches qui réinvente sa majesté Carnaval dans la splendeur des coloris...

François Picard

LE MONDE DE LA MUSIQUE / Mai 1996

CHOC
Une Anche Passe : Entre tarentelle et sardane

La mémoire du hautbois languedocien s'étiolait. Laurent Audemard et ses complices d'Une anche passe l'ont oxygénée. Avec pour terrain de jeu les rives de la Méditerranée, le groupe invite à ses agapes sonores, la gralla catalane d'Eric Montsant, le piffero italien du remarquable Stephano Valla, en attendant le taragot roumain d'un Dumitru Dobrican sinon la raîta marocaine. Dans leur répertoire aux senteurs d'anis et de jasmin, l'esprit jazz se combine à la tradition selon un jeu de miroirs de tarentelle, sardane, tango ou scottish.On avait dit grand bien de leur précédent album. Celui-ci confirme que leur équation de base peut à présent répondre à toutes les attentes, fussent-elles les plus gourmandes en matière de métissages sudistes.

Frank Tenaille

TRAD'MAGAZINE / Janvier-février 1994

Les palabres parfumées du Hautbois

Sonorités puissantes et chaudes, aquarelles sonores, idiomes catalan, macédonien, grec ou italien, une carte de visite qui exhale les qualités du groupe: on songe à la fraîcheur du jasmin, à la santé joyeuse d'un film naturaliste de Pasolini évocant Boccace, à l'élégance d'une sardane, à la légéreté d'un poème d'Apollinaire au pied de la tour Magne à Nimes...

Avec le présent album, "Une Anche passe" précise avec plus d'évidence, sinon de naturel, son expression, son aire d'activité, les notions lyriques qu'il entend partager... De fait, ce nouveau répertoire - jeux de miroirs entre "traditionnels" catalans, languedociens, italiens, bulgares, revisités; échappées vers tango ou scottish - est comme le polaroïd d'une mue symbolisée par l'accordéon d'un Alain Bruel (qu'on repéra à côté de Bernard Lubat).

Preuve que son équation de base peut à présent répondre à toutes les attentes, fussent-elles les plus gourmandes, en matière de métissages sudistes.

Frank Tenaille